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Guide du vendeur

Certificat de localisation ou assurance titres : lequel vous faut-il ?

Ces deux termes reviennent souvent dans une transaction immobilière, et plusieurs vendeurs les confondent. Pourtant, ils répondent à des besoins très différents : l'un informe avant, l'autre indemnise après.

Le certificat de localisation : la prévention

Le certificat de localisation est un document préparé par un arpenteur-géomètre qui décrit avec précision l'état actuel de votre terrain et de vos bâtiments : les limites de propriété, les empiétements éventuels, les servitudes — comme un droit de passage ou une ligne d'Hydro-Québec — et la conformité aux règlements municipaux de zonage.

La Chambre des notaires du Québec et l'OACIQ recommandent qu'il date de moins de 10 ans et qu'il reflète fidèlement l'état actuel des lieux. Une piscine, un garage ou une clôture ajoutés depuis sa confection le rendraient caduc, peu importe son âge.

Ce que l'article 1719 exige exactement

Le Code civil du Québec est plus étroit qu'on le dit souvent. L'article 1719 se lit ainsi :

« Le vendeur est tenu de remettre à l'acheteur les titres de propriété qu'il possède, ainsi que, s'il s'agit d'une vente immobilière, une copie de l'acte d'acquisition de l'immeuble, de même qu'une copie des titres antérieurs et du certificat de localisation qu'il possède. »

Autrement dit : la loi vous oblige à remettre le certificat que vous avez. Elle ne vous oblige pas, en elle-même, à en faire faire un nouveau. Ce qui rend un certificat à jour pratiquement incontournable, c'est autre chose : la promesse d'achat le prévoit presque toujours comme condition, le notaire l'exige pour publier l'acte, et le prêteur de l'acheteur l'exige pour financer. La contrainte est contractuelle et bancaire avant d'être législative — mais elle mord tout autant.

L'assurance titres : la protection après coup

L'assurance titres, de son côté, ne vous informe de rien sur l'état réel de votre terrain. Il s'agit d'une police qui dédommagera financièrement l'acheteur — ou l'institution prêteuse — si un problème lié aux titres de propriété survient après la transaction, par exemple un empiétement non détecté ou une irrégularité au registre foncier. C'est généralement une solution envisagée lorsqu'un certificat de localisation à jour ne peut être obtenu à temps, et la décision de l'accepter appartient ultimement au notaire chargé du dossier, selon les circonstances propres à chaque transaction.

Pourquoi l'un ne remplace pas vraiment l'autre

La nuance est importante : le certificat de localisation vous informe avant la vente, ce qui permet de corriger un problème — obtenir une dérogation mineure, régulariser une situation — avant qu'il ne devienne un enjeu. L'assurance titres, elle, vous couvre après coup sur le plan financier, mais ne révèle rien et ne règle rien sur le terrain.

Un exemple : si un solarium a été construit sans permis, aucune assurance titres ne rendra cette construction conforme rétroactivement. Seul un certificat de localisation, examiné à temps, permet de découvrir ce genre de situation et d'agir en conséquence.

Ce que cela signifie pour vous

  • Vérifiez dès maintenant la date de votre certificat de localisation actuel
  • Si des travaux ont été réalisés depuis sa confection — piscine, garage, agrandissement, clôture —, un nouveau certificat sera probablement exigé
  • Prévoyez les délais : la confection d'un nouveau certificat prend généralement plusieurs semaines
  • Discutez avec votre notaire pour déterminer si une assurance titres est envisageable dans votre situation, sans présumer qu'elle remplace automatiquement le certificat

Poser cette question dès la mise en marché plutôt qu'après l'acceptation d'une promesse d'achat vous laisse le temps de réagir si un nouveau certificat est requis.

La limite de ce guide, et de notre rôle. Un courtier peut vous dire qu'un certificat est probablement périmé et vous référer à un arpenteur-géomètre. Il ne peut pas interpréter le document à votre place, ni décider si une assurance titres convient à votre dossier. Cette décision appartient au notaire instrumentant, et l'acceptabilité du certificat appartient au prêteur de l'acheteur. Quand un empiétement ou une servitude apparaît, la question devient juridique : c'est un notaire ou un avocat qu'il faut consulter, pas un article.

Source : Code civil du Québec, RLRQ c. CCQ-1991, art. 1719

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