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Guide du vendeur

Préautorisation ou préapprobation hypothécaire : quelle est la différence ?

Avant de vous lancer dans l'achat de votre prochaine propriété, il est utile de comprendre les différentes étapes de qualification hypothécaire. Les termes préqualification, préautorisation et préapprobation sont souvent utilisés de façon interchangeable, mais ils ne signifient pas exactement la même chose.

La préqualification : une première estimation, sans engagement

La préqualification hypothécaire est la démarche la plus simple et la plus rapide. Vous fournissez à un prêteur des informations générales sur vos revenus, vos dettes et vos actifs, souvent en ligne ou par téléphone, sans vérification approfondie ni impact sur votre cote de crédit. Le prêteur vous donne alors une estimation approximative du montant que vous pourriez emprunter. Il ne s'agit toutefois d'aucun engagement de sa part.

La préautorisation (ou préapprobation) : un engagement plus formel

Dans l'usage courant au Québec, les termes « préautorisation » et « préapprobation » sont généralement utilisés comme synonymes, bien que certaines institutions financières les distinguent différemment dans leur documentation. Ce qu'il faut retenir : cette étape est beaucoup plus rigoureuse que la préqualification. Elle nécessite de fournir des documents financiers détaillés — avis de cotisation, relevés bancaires, preuves de revenu — et implique une vérification complète de votre dossier de crédit. En retour, le prêteur s'engage à vous prêter un montant précis, à un taux d'intérêt généralement garanti pour une période qui varie selon les institutions.

Pourquoi cette étape est stratégique

Une préautorisation démontre le sérieux de votre projet auprès des vendeurs et de leur courtier, ce qui peut renforcer votre position dans un contexte d'offres multiples. Elle vous permet également de cibler vos recherches avec précision, en évitant de visiter des propriétés hors de votre portée financière réelle, et le taux consenti est généralement garanti pour une période déterminée, ce qui vous met à couvert d'une hausse pendant cette période seulement.

C'est aussi la première question que pose le courtier du vendeur.

Une nuance importante : ce n'est pas une garantie finale

Même avec une préautorisation en main, l'approbation finale de votre prêt dépendra encore de plusieurs facteurs déterminés seulement une fois une propriété précise identifiée : la valeur de l'immeuble selon l'évaluation du prêteur, l'état général de la propriété, et parfois des changements dans votre propre situation financière — un nouveau prêt automobile, par exemple, pourrait réduire votre capacité d'emprunt réelle. Le prêteur pourrait également refuser de financer une offre jugée trop élevée par rapport à la valeur marchande réelle de la propriété, notamment en contexte de surenchère.

Le test de résistance hypothécaire

Depuis 2018 pour les prêts non assurés — et depuis 2016 pour les prêts assurés —, les emprunteurs doivent démontrer qu'ils seraient en mesure de rembourser leur prêt à un taux admissible plus élevé que leur taux contractuel. La règle en vigueur retient le plus élevé des deux : votre taux contractuel majoré de 2 %, ou le taux admissible minimal de 5,25 % établi par le Bureau du surintendant des institutions financières. Comme les taux courants dépassent généralement ce plancher, c'est en pratique la majoration de 2 % qui s'applique.

Ce test s'applique autant aux emprunteurs assurés qu'à ceux qui versent une mise de fonds de 20 % ou plus. Une exception existe : le BSIF n'attend pas des prêteurs qu'ils appliquent le taux admissible minimal à l'emprunteur non assuré qui change simplement de prêteur au renouvellement, sans augmenter ni le montant du prêt ni la période d'amortissement.

Avant de magasiner votre prochaine propriété

  • Débutez par une préqualification pour avoir une première idée de votre budget, sans impact sur votre crédit
  • Obtenez une préautorisation formelle avant de commencer sérieusement vos visites
  • Évitez de contracter de nouvelles dettes importantes — véhicule, marge de crédit — entre votre préautorisation et la signature de votre offre d'achat
  • Consultez un courtier hypothécaire pour comparer les conditions de plusieurs prêteurs, plutôt que de vous limiter à votre institution actuelle

Le financement n'est pas notre métier, et les règles bougent. Un courtier immobilier n'est pas un courtier hypothécaire : nous ne pouvons ni vous qualifier, ni négocier un taux, ni vous dire ce que votre prêteur acceptera. Les seuils décrits ci-dessus sont ceux en vigueur au moment de la rédaction — le taux admissible minimal a déjà changé plusieurs fois depuis 2018, et le Bureau du surintendant des institutions financières le révise désormais sans calendrier fixe. Validez les chiffres auprès d'un courtier hypothécaire ou de votre institution avant de bâtir un budget dessus.

Source : Bureau du surintendant des institutions financières — Taux admissible minimal pour les prêts hypothécaires non assurés

Une question précise sur votre propriété ?

Un article répond à la moyenne des cas. L'estimation répond au vôtre. Elle est préparée par André Schinck, courtier immobilier résidentiel et commercial, elle est gratuite, et c'est une opinion de courtier — pas une évaluation agréée.