Aller au contenu
AccueilBlogue › Bâtir un patrimoine
Blogue

Bâtir un patrimoine avec l'immobilier : la mécanique, pas la promesse

Personne ne peut vous garantir qu'un immeuble vaudra plus dans dix ans. Ce qu'on peut faire, c'est nommer les trois mécanismes qui produisent un patrimoine immobilier, et dire ce que chacun exige en retour.

André Schinck, courtier immobilier résidentiel et commercial

Premier mécanisme : le capital que le locataire rembourse

Chaque versement hypothécaire se divise en intérêt et en capital. Sur un immeuble locatif dont les loyers couvrent les charges, ce sont les locataires qui alimentent ce versement, et la portion capital réduit votre dette mois après mois.

C'est le mécanisme le plus lent et le plus fiable des trois. Il ne dépend d'aucune hausse de prix. Il dépend d'une seule chose : que l'immeuble se paie.

Sa contrepartie est la durée. Un amortissement se compte en décennies, et l'essentiel du capital se rembourse dans la seconde moitié.

Deuxième mécanisme : l'écart entre les revenus et les charges

Ce qui reste après le versement hypothécaire, les taxes municipales et scolaires, l'assurance, l'entretien et la gestion. Cet écart finance les imprévus, puis la mise de fonds suivante.

Sa contrepartie est le contrôle partiel des revenus. À la reconduction du bail, le loyer ne se fixe pas librement : le Règlement sur les critères de fixation de loyer encadre le calcul, et le Tribunal administratif du logement tranche en cas de refus. Le revenu d'un immeuble locatif québécois n'est pas une variable que le propriétaire ajuste à sa convenance, et un plan qui suppose le contraire est faux dès la première ligne.

Troisième mécanisme : le levier, qui joue dans les deux sens

Emprunter permet de contrôler un immeuble entier avec une fraction de sa valeur. Si l'immeuble prend de la valeur, le gain se calcule sur la valeur totale et non sur la mise de fonds. C'est ce qui rend l'immobilier différent d'un placement payé comptant.

La symétrie est exacte, et elle est moins racontée : une baisse se calcule aussi sur la valeur totale. Et la dette, elle, ne baisse pas parce que l'immeuble a baissé.

C'est pour cette raison que le levier est encadré. Le Bureau du surintendant des institutions financières impose un test de résistance : pour un prêt hypothécaire non assuré, l'emprunteur doit se qualifier au plus élevé de son taux contractuel majoré de deux points de pourcentage ou du taux admissible minimal de 5,25 %. Ce test n'est pas un obstacle administratif. C'est la mesure de ce que vous pouvez absorber si les taux montent.

Ce qui fait échouer les plans

Un plan immobilier ne casse presque jamais sur le rendement. Il casse sur la liquidité.

Le rendement est une moyenne sur des années. La liquidité est une question posée un mardi, quand la toiture coule, qu'un locataire ne paie plus et que le compte est à sec. Les trois mécanismes ci-dessus supposent tous que vous êtes encore là quand ils produisent leur effet.

Concrètement, cela veut dire une réserve qui ne sert à rien la plupart du temps, et un immeuble acheté un cran sous ce que la préautorisation permet plutôt qu'au maximum.

Ce que le courtier fait, et ce qu'il ne fait pas dans ce plan

Il trouve l'immeuble, lit les baux, examine les revenus déclarés contre les baux réels, et donne une opinion sur ce que le marché acheteur en pense aujourd'hui. Il négocie.

Il ne monte pas votre plan financier, ne projette pas votre rendement sur dix ans et ne vous dira jamais qu'un immeuble « va prendre de la valeur ». Personne ne le sait, et l'affirmer serait une garantie de résultat — ce qu'un courtier n'a pas le droit de donner.

La limite de cet article, écrite d'avance. Il décrit des mécanismes ; il ne constitue pas un conseil en placement et ne tient compte d'aucune situation particulière. La structure de détention — à votre nom, en société, en indivision — a des conséquences fiscales et successorales importantes qui relèvent d'un fiscaliste et d'un notaire, pas d'un courtier. Les paramètres de financement viennent de votre courtier hypothécaire ou de votre institution. L'estimation de la valeur marchande d'un immeuble précis est préparée par André Schinck, courtier immobilier résidentiel et commercial : c'est une opinion de courtier, pas une évaluation agréée.

Sources : Bureau du surintendant des institutions financières, taux admissible minimal pour les prêts hypothécaires non assurés · Règlement sur les critères de fixation de loyer, RLRQ c T-15.01, r. 2, et Tribunal administratif du logement.

Une question précise sur votre propriété ?

Un article répond à la moyenne des cas. L'estimation répond au vôtre. Elle est préparée par André Schinck, courtier immobilier résidentiel et commercial, elle est gratuite, et c'est une opinion de courtier — pas une évaluation agréée.